Ce document présente les évolutions de différents indicateurs relatifs à l’entrée dans la carrière des enseignants-chercheurs, au niveau national, par grands secteurs disciplinaires, groupes et sections CNU.
Le nombre de postes mis au concours montre trois périodes depuis la Loi LRU : (2009-2021) baisse continue de 2 194 à environ 1 100 (-50 %) ; (2022-2024) hausse rapide d’environ 1 100 à 1 628 (+47 %) ; (2025-2026) baisse rapide de 1 628 à 1 279 (données temporaire) (-21 %). Depuis le passage aux responsabilités et compétences élargies, les ouvertures de postes dépendent essentiellement des ressources dont les établissements disposent pour recruter. Durant la période 2009-2024, la disponibilité de ces ressources dépendait essentiellement des départs à la retraite : d’abord à la baisse quand ils baissaient, puis à la hausse quand ils ont augmenté.
La période récente est caractérisée par une nouvelle dynamique : alors que les départs à la retraite s’accélèrent, les ressources disponibles pour recruter recommencent à baisser. C’est la conséquence d’une politique de transfert de nouvelles charges, par l’État vers les établissements, mais sans compensation 2, qui les force à réduire les effectifs pour conserver l’équilibre budgétaire. La baisse continue des effectifs enseignants-chercheurs titulaires que l’on constate depuis plusieurs années pourrait donc bientôt s’accentuer.
La tension à l’entrée de la profession d’enseignant-chercheur diminue également à cause d’une baisse continue du nombre de candidats, qui confine désormais à une crise du recrutement. Entre 2021 et 2024, alors que le nombre de postes ouverts au concours a augmenté de 47 % (de 1106 à 1628), le nombre de candidats a diminué de 4% (de 8508 à 8184). Pour la quatrième année consécutive, le nombre de postes non pourvus augmente. En 2024, 141 postes n’ont pas été pourvus, soit 9 %, record sur la période observée. Le taux de postes non pourvus est de 10 % en ST, 8 % en DEG et 7 % LLA-SHS. Sont particulièrement touchées les sections 63-Génie Électrique, Électronique, optronique et systèmes, avec 8 postes non pourvus (19%), 16-Psychologie et Ergonomie, avec 13 postes non pourvus (17%), 61-Génie informatique, automatique et traitement du signal, avec 10 postes non pourvus (14%) et 6-Sciences de gestion avec 14 postes non pourvus (14%). S’il est impossible de prédire comment vont évoluer ces indicateurs face à la baisse du nombre de postes ouverts au concours, il s’agit d’un point de vigilance majeur.
Historiquement, le nombre de jeunes à former représente le principal besoin national qui justifie l’ouverture de nouveaux postes. Entre 2011 et 2022, cette justification a été inopérante, et l’effectif EC a légèrement diminué pendant que les effectifs étudiants croissaient de 18%. Entre 2022 et 2023, les effectifs étudiants ont baissé brutalement de près de 60 000, améliorant ponctuellement les taux d’encadrement. Les effectifs enseignants continuent de baisser.

